LA grande évolution du métier de RP ces 5 dernières années

Les temps changent et les méthodes de travail évoluent, nous avons donc demandé à quatre attachés de presse quelle a été, à leurs yeux, LA grande évolution du métier des RP ces cinq dernières années. Voici les avis croisés d’Adeline Chazelle (agence Vivactis), Frédéric PICCHIARINI (agence Epic), Eve Catrix (agence Oxygen) et Stéphanie Tabouis (agence Publicis Consultants).

 

Si vous deviez citer LA grande évolution du métier de RP ces 5 dernières années, ce serait laquelle ?

Adeline Chazelle : L’arrivée des bloggeurs ! Au début, il y a 5 ans, on les intégrait timidement à nos recommandations. On les traitait simplement, juste avec l’envoi d’un communiqué de presse. Ensuite, ils ont commencé à se professionnaliser et nous proposer leurs services : des photos, des recettes voire même leurs conseils pour contacter les bloggeurs d’une façon plus adaptée ! Il a fallu se remettre en question, sérieusement et vite !

Frédéric Picchiarini: Sans hésiter l’intégration des réseaux sociaux et des instagrameurs en particuliers à nos cibles médias. Souvent plus de 50% de notre activité en 5 ans. Au-delà d’une simple campagne RP, les marques nous demandent de faire vivre des expériences à leurs clients ou prospects.

Eve Catrix : La consommation de l’information est désormais éclatée avec les réseaux sociaux, la presse en ligne, les influenceurs… il faut donc adapter les stratégies RP pour se caler sur ces nouveaux usages et assurer une visibilité optimale à nos clients. Cela demande une veille permanente pour être au fait des nouveaux usages et des nouveaux « supports d’information » afin d’offrir des dispositifs RP complets.

Stéphanie Tabouis : Le métier de RP est un maillon qui s’est de plus en plus renforcé dans la communication globale d’un groupe. Avec les réseaux sociaux plus aucune action de communication (corporate, financière, digitale, marketing) ne peut fonctionner de façon isolée. Chacune peut avoir une incidence les unes par rapport aux autres. Ces nouveaux outils obligent à de plus en plus de transparence et de cohérence. Gérer la pertinence et arbitrer les contenus.

Comment ont-ils changé votre métier au quotidien ?

Adeline Chazelle : On ne travaille plus de la même façon. Quand on fait un lancement de produit, une inauguration ou tout autre événement, on fait tout en 2 fois : 2 fichiers, 2 invitations, 2 concepts d’événement. En double pourquoi ? Parce que dans mon secteur, les journalistes préfèrent les événements la journée et les bloggeurs le soir. Et si on parle fichier, c’est un temps considérable au quotidien que nous n’avions pas auparavant. En effet, les journalistes on les connait. Ce sont pratiquement les mêmes depuis des années et même quand il y a de nouveaux médias, ce sont souvent des journalistes déjà connus qui saisissent ces opportunités. Il suffit d’être en veille active et permanente sur le secteur. Alors qu’avec les bloggeurs, tout bouge trop vite. Un influenceur d’aujourd’hui, ne le sera peut-être plus demain. Il faut être ultra connecté, tout le temps. Dans mon secteur, la cuisine, il n’y a pas de cible prédéfinie. En effet, un bloggeur Food cuisine mais un bloggeur lifestyle, homme ou famille ne cuisine-t-il pas aussi ? Il faut donc avoir une veille très large et faire un nouveau fichier ciblé presque tous les mois.

Aujourd’hui, on ne parle plus de relations presse/relations blogueurs. On parle de relations influenceurs. SAUF QUE ce sont quand même des cibles différentes, à traiter différemment. On ne peut pas leur parler de la même manière. Je ne demande que rarement des nouvelles des enfants des journalistes alors que je connais par cœur le prénom des enfants des bloggeurs !!!

Le journaliste est payé par les médias, il a le choix de parler de ce qu’il veut, il est « libre ». Le bloggeur est payé par les marques pour écrire sur les elles des articles validés par ces dernières.

Frédéric Picchiarini : À travers trois aspects majeurs dont l’axe économique auquel les marques sont de plus en plus attachées, les sujets sur les médias digitaux générateurs de trafic et les E-RP ou comment s’adresser à des communautés cibles à travers des leader d’opinions, c’est-à-dire des influenceurs. Le besoin de proximité avec nos cibles s’est encore renforcé. L’avènement du digital et des réseaux sociaux ont de manière collatérale étendu notre champ d’actions. L’espace presse s’est réduit, certes, mais cela nous impose d’être meilleur pour capter l’attention du journaliste.

Eve Catrix : L’émergence de nouveaux influenceurs : blogueurs, youtubers, et instagrammers ont désormais un poids non négligeable. Les RP ont donc dû intégrer ces nouveaux influenceurs dans les stratégies nécessitant la mise en place de nouvelles techniques d’approche. Il faut aussi faire du sur-mesure car le métier de journaliste a largement évolué également, il nous faut nous adapter à leurs nouveaux enjeux, être toujours plus réactif et apporter à chacun des informations sur mesure et exclusives. L’infobésité et la multiplication des canaux de communication « noient’ les informations, plus que jamais il faut faire appel à la créativité pour entrer dans la conversation et émerger ! Il y a aussi les logiques ROIstes : même si nous avions des outils de mesure précis pour évaluer l’efficacité des campagnes RP, nous avons dû adopter de nouvelles mesures intégrant les outils d’analyse web. Enfin, les nouveaux outils tels que les solutions d’écoute du web représentent une belle opportunité d’identifier des sujets chauds, des sujets de préoccupation majeure des cibles de nos clients et donc de prendre la parole de manière toujours plus pertinente. Les outils de diffusion ont également évolué, mais la relation humaine reste une priorité dans notre métier.

Stéphanie Tabouis : Aucune action RP ne peut être efficace sans coordonner avec les réseaux sociaux qui ont un vrai rôle de caisse de résonnance. A titre d’exemple un bel article peut être repris sur Linkedin et Tweeter. On élargit les publics et les supports. Tout est une question de dosage et d’arbitrage, une surexposition ou une information diffusée sur les mauvais canaux peut être contreproductive. Notre métier doit évoluer avec l’ensemble des outils et plus que jamais nous avons un vrai rôle de conseil.

Quel est le plus gros challenge de votre métier aujourd’hui ?

Adeline Chazelle : S’adapter à tout le monde, mélanger tout le monde, avec moins de sous et des retours sur investissement quantitatifs. Pouvoir avoir des retours sur investissement avec les bloggeurs ? Oui mais cela devient clairement de la pub donc les agences digitales sont apparues et proposent ce genre de prestations.

Frédéric Picchiarini : La proximité avec les médias et les influenceurs, préserver toujours la pertinence d’une campagne RP de proximité et garder l’humain au cœur de la relation presse.

Eve Catrix : Notre plus gros challenge est d’allier technologies et relations humaines ! Être en veille permanente des nouvelles technologies pour adapter nos stratégies (comprendre les journalistes, les lecteurs, les influenceurs…) et cultiver les relations humaines qui restent déterminantes dans notre métier !

Stéphanie Tabouis ; Notre rôle de conseil : communiquer les bonnes informations au bon endroit et au bon moment. Emerger dans le flot des informations et avoir un zest de pertinence et d’audace.