L’écriture inclusive dans les médias

Du débat passionné qui a eu lieu à la fin de l’année dernière sur l’écriture inclusive, on peut retenir une volonté de changement ou tout du moins un besoin de remettre en cause certains acquis dépassés. Une grande question divise pourtant le public français, à savoir, comment rééquilibrer l’égalité des représentations entre les hommes et les femmes dans les médias et textes officiels sans toucher aux grands principes de la langue française ?

Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

L’agence Mots-clés a compilé un manuel d’écriture inclusive qui repose sur trois principes clés : l’utilisation des noms de métiers et titres féminisés, la suppression de l’accord au masculin par défaut et la fin des majuscules de prestiges à ‘Femme’ et ‘Homme’.

L’écriture inclusive ne se limite donc pas à l’utilisation des points médians très controversés. Comme le rappelait le fondateur de l’agence Mots-Clés, Raphaël Haddad, cité sur rtl.fr : « Il est possible d’écrire en inclusif sans jamais utiliser les points du milieu ».

 

En pratique dans les médias

Dans les médias, seuls quelques rédactions ont pour l’instant adopté les règles de l’écriture inclusive.  Le magazine féministe Femmes ici et ailleurs l’utilise pleinement depuis son premier numéro sorti en 2012. D’autres publications ont opté pour un changement moins radical : Slate.fr a choisi d’appliquer l’accord de proximité et Le Monde a annoncé en janvier son intention de tester différentes écritures plus égalitaires dans ses suppléments.

Toutefois, la grande majorité des médias rejette encore tout changement d’écriture notamment pour des raisons de lisibilité et de lourdeur.

 

Faut-il l’imposer ?

L’académie française s’opposant fermement à l’avancement de l’écriture inclusive, les médias sont donc maîtres de choisir leur position individuellement. Les directions de rédaction devraient-elles imposer l’utilisation d’une écriture plus inclusive, de même qu’elle se doivent de remédier à la sous-représentation des femmes expertes dans les médias ?

Selon Lauren Bastide, porte-parole de Prenons La Une, « les directions de rédaction doivent prendre le taureau par les cornes » pour que les femmes soient plus souvent citées dans les médias. Comme l’a fait  France Télévision, qui sous l’impulsion de sa direction, a augmenté le nombre d’expertes à l’antenne de 13% à 40% en quelques années.

 

Va-t-elle s’imposer ?

Bien que peu acceptée par les médias pour l’instant, l’écriture inclusive gagne du terrain. Va-t-elle réussir à conquérir la profession ? Il est encore trop tôt pour le savoir, pourtant certaines nouveautés apparaissent afin de faciliter son utilisation. En 2018, le point médian fera son apparition sur les claviers français et le correcteur automatique du logiciel Word devrait proposer l’option ‘écriture inclusive’.

Et vous, êtes-vous pour ou contre l’écriture inclusive dans les médias ? Donnez votre avis sur notre sondage Twitter.