Les chiffres d’obtention des cartes de presse sont-ils représentatifs de la profession ?

La CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels) a rendu public les chiffres d’attribution de la carte de presse pour l’année 2019.

En 2019, 34 571 journalistes actifs ont obtenu une carte de presse, soit légèrement moins qu’en 2018 (-277). Le nombre de détenteurs de la carte de presse diminue sensiblement depuis 10 ans (-7%), bien qu’il ait tendance à se stabiliser depuis trois ans.

Cette baisse concerne principalement les renouvellements. En effet, le nombre de premières demandes stagne cette année.

Le pourcentage de pigistes reste quasiment stable par rapport à l’année précédente (18,6% des titulaires contre 18,4% en 2018).

On pourrait donc en déduire que la profession est plutôt stable avec une très légère augmentation du nombre de pigiste et donc de la précarité. Cela reflète-t-il pourtant l’évolution du métier de journaliste ?

 

Des chiffres qui ne prennent pas en compte toute la profession

En mars 2019, la Scam dévoile les résultats de son enquête effectuée auprès de 3 700 journalistes. Selon cette étude, 12% des personnes interrogées pour lesquelles le journalisme est l’activité principale ne possèdent pas de carte de presse.

Les critères d’attribution de la carte de presse sont de fait très sticts : le journalisme doit être l’activité principale , représenter plus de la moitié des revenus et être effectué pour une ou plusieurs sociétés ayant le statut d’entreprise de presse.

De nombreux professionnels sont ainsi exclus, tels que les auto-entrepreuneurs, les rédacteurs couvrant l’actualité d’un secteur pour le compte d’une marque ou encore certains influenceurs qui participent pourtant au paysage médiatique.

 

Une réalité quotidienne souvent bien différente des attentes

L’obtention d’une carte de presse ne garantie pas un travail constant et rémunérateur. L’enquête de la Scam dévoile que 26% des journalistes interrogés ont une activité extra-journalistique. Un chiffre qui grimpe à 41 % pour les journalistes indépendants.

Alors qu’une grande majorité (60%) cite des raisons financières pour ce choix, il est évident que la précarité de la profession est une réalité qui n’est pourtant pas visible en analysant les statistiques d’attribution de la carte de presse.

 

Sources :
CCiPJ : statistiques sur le nombres de cartes de journalistes professionnels attribués en 2019
Enquête de la Scam : Journaliste auteur ou fournisseur de contenus ?