Les plus grands clichés dont les RP sont affublés

Le métier d’attaché de presse est souvent perçu comme superficiel et bourré de stéréotypes. Son nom en est un à lui tout seul et ce n’est pas l’icône Samantha Jones dans Sex and the City (RP new yorkaise) qui a permis de donner une image plus proche de la réalité de cette belle profession. Nous savons bien qu’au contraire, ce rôle demande beaucoup de professionnalisme et de travail. En réalité, très peu de personnes savent en quoi consiste  exactement ce métier. Six attachés de presse, George Antoine Gary, Maëlle, Mallorie Loiseau, Emmanuelle Alizon, Marie-Laure Laville et Alexis Surre-Fenaillenous, nous ont aidé à compiler les idées reçues sur cette profession.

Le stéréotype de la RP midinette

Il y a quand même des hommes qui y travaillent même si en effet ce métier est majoritairement féminin et Georges-Antoine Gary, attaché de presse pour l’agence GAG Paris, explique qu’il a commencé sa carrière de RP dans les années 90 et que déjà à l’époque, l’attaché de presse avait l’image d’une midinette en jupe qui usait de ses charmes pour obtenir des articles… Il ajoute : « perso cela m’a aidé à bien débuter dans ma spécialisation puisque j’étais un mec poilu avec une grosse voix ».

Tous les RP travaillent dans la mode

Heu alors … non ! Il y a des relations presse dans tous les secteurs même dans le BTP. Maelle Garrido souhaite le souligner en disant : « Les relations presse ne sont pas l’apanage des secteurs lifestyle, luxe, et déco qui attirent beaucoup de jeunes étudiantes en RP, le secteur BtoB est tout aussi intéressant ». Cela peut paraitre un peu moins glamour mais tout aussi passionnant de représenter auprès de la presse les nouveaux parpaings en béton que le dernier IT bag.

Les attachés de presse passent leur temps dans les cocktails à boire du champagne et à manger des petits fours

La vérité c’est que dans ce métier, on passe plus de temps à relancer les journalistes et à écrire des communiqués de presse qu’à manger des petits fours et boire du champagne. Mallorie Loiseau qui est attachée de presse pour la chaine Hôtels & Préférence explique « Il y a l’apriori que l’attaché de presse passerait sa vie à boire du champagne et à sortir mais le réseau doit être entretenu. C’est un atout inconditionnel du métier ! On forme son réseau avec l’expérience, les rencontres, une présence sur les événements, les salons, les soirées ! Quel mal à mêler l’utile à l’agréable ? ». Ce stéréotype est très ancré puisque Maëlle Garrido de l’agence Naskas RP appuie en disant : « on nous imagine courant de soirées paillettes à soirées champagne, quand notre quotidien est plutôt fait de mails et d’appels ». Les soirées, petits déjeuners et autres évènements sont des vecteurs de communication comme les autres. Ces rencontres sont avant tout un outil de travail et une opportunité forte pour une agence RP de renforcer les liens entre ses clients et les journalistes. C’est aussi quelque chose qu’il est préférable de faire en possession de tous ses moyens donc une seule petite coupe merci !

 Les voyages de presse sont des vacances à l’œil pour les RP

Les voyages de presse font eux aussi parti des clichés bien enracinés et Alexis Surre-Fenaille publicist et fondateur de l’agence The French Publicist. explique : « les gens pensent que les attachés de presse sont souvent en vacances avec leurs journalistes (par exemple lors d’un voyage de presse pour la promotion d’un hôtel de luxe au soleil, c’est vrai que c’est sympa) mais il ne faut pas oublier qu’il faut tout organiser en amont. L’attaché de presse se retrouve en même temps dans la peau d’un agent de tourisme, d’un tour operator, d’une agence événementielle et d’un communicant. En plus de la préparation des documents de communication (communiqués, dossier de presse, roadbook, etc) il faut tout organiser du début à la fin du séjour (les visites, les excursions, les rencontres, les repas, les déplacements) et pendant le voyage de presse, l’attaché de presse doit lui aussi être présent et disponible 24/24h et être au taquet pour satisfaire à la fois le client et tous les journalistes conviés, donc on ne peut pas vraiment appeler cela des vacances. Il ne faut pas oublier que pendant ces moments-là, ces soirées, ces voyages de presse, on met notre vie privée de côté. Certains jours on pourrait avoir envie de dire stop, mais plus qu’un métier, les relations humaines du métier de RP sont à mes yeux une passion, mieux, une vocation ! ».

 Les attachés de presse passent leur temps au téléphone et ont le numéro de téléphone de toutes les personnalités

Si le téléphone fait bien partie des outils indispensables d’un RP, ce dernier doit aussi consacrer son temps à bon nombre d’autres activités comme élaborer des stratégies de communication, faire de la veille sectorielle, produire des contenus rédactionnels (communiqués de presse, tribunes) animer les réseaux sociaux des clients, organiser des événements, faire de la gestion de crise ou encore participer à des conférences. Un autre cliché concernant les attachés de presse est celui du carnet d’adresses regorgeant de noms connu. Emmanuelle Alizon de l’agence Noiizy ajoute qu’il est fréquent que les gens lui demandent sans détour le numéro de téléphone de telle ou telle célébrité.

Faire des relations presse ne prend pas de temps

Les stéréotypes ont la dent dure et selon Georges-Antoine Gary le fait que les RP ne prennent pas de temps perdure depuis longtemps. Il ajoute : « qui irait dire cela à son avocat d’affaires ? Nous sommes les premiers avocats de nos clients, (normalement) on les aime, on intègre ce qu’ils disent comme si c’était une croyance ancrée, on les aide même à structurer ce qu’ils vont dire aux journalistes. Nous passons des journées à essayer de convaincre des journalistes que notre client mérite un article, passons des heures à refaire des textes parce que les virgules ne sont pas au bon endroit, refaisons 7 à 15 versions d’un communiqué, passons des mois à faire un dossier de presse, mais cela ne prend bien évidemment pas de temps. Faire des relations presse c’est avoir la capacité de créer un réseau de médias qui vont suivre notre client ! ».

Les RP c’est essayer de placer les clients sur BFMTV ou dans Elle

L’objectif est en effet de créer des retombées presse intéressantes mais toujours sur un nombre de publications très variées et surtout en fonction des objectifs et besoins spécifiques des marques et des organisations représentées par les RP.  La plupart des personnes qui ne sont pas du milieu de la communication ne comprennent pas ce que fait un RP et Georges-Antoine Gary l’illustre bien en disant : « les jeunes loups de la com ou du marketing, diplômés d’écoles de commerce ne savent toujours pas ce qu’on fait et osent encore demander quand nous allons publier l’article… ». D’ailleurs il n’est pas rare que les gens croient que ce sont les attachés de presse qui écrivent les articles comme le souligne Maëlle Garrido : « Il y a confusion sur qui rédige un article : l’attachée de presse ou le journaliste ? Bien que parfois la frontière soit mince, c’est toujours le journaliste qui a la main sur l’éditorial, l’attachée de presse n’étant là que pour l’aider dans son travail en lui facilitant l’accès à l’information ». Marie-Laure Laville de l’agence Lewis ajoute : « Pour certains, nous sommes soit journalistes ou publicitaires, et même après avoir expliqué ce que nous faisons au quotidien, des interrogations subsistent ».